Vous êtes ici : Accueil Documentation Environnement Vigilance Introduction
Actions sur le document

Introduction

Introduction

pbiot

Vigilance
Page 1 de 3.

Environnement et santé. liens multiples et complexes

Les liens entre l'environnement et la santé sont multiples et complexes. Les échelles de temps à prendre en considération ne sont pas toutes les mêmes. C'est ce que nous appellerons : le retard chimique, le retard biologique et le retard sociétal.

Le retard chimique est le temps nécessaire pour que l'accumulation d'un polluant ou d'un cocktail de polluants dépasse la capacité épuratoire du milieu. C'est le temps nécessaire pour que l'accumulation d'un polluant ou d'un cocktail de polluants atteigne et dépasse le niveau au-delà duquel le milieu naturel ne peut plus dégrader naturellement les polluants.

Le retard biologique représente le temps de latence entre l'exposition et l'effet observé sur la santé. Dans le cas de l'exposition à l'amiante, l'affection ne débute en général que 10 à 20 ans après le début de l'exposition.

Le retard sociétal est le temps nécessaire pour éveiller la conscience publique et prendre les mesures nécessaires au niveau scientifique, technique et politique. Combien de temps a-t-il fallu attendre pour que des mesures soient prises après avoir observé, compris et démontré la relation entre l'exposition aux rayons UV et l'apparition d'un nombre croissant de cancer de la peau ? Combien de temps a-t-il fallu attendre pour observer et comprendre la relation entre l'exposition de travailleurs aux fibres d'amiante et l'apparition d'asbestose, caractérisée par une fibrose pulmonaire et l'incidence sur certaines formes de cancer (la potentialité cancérigène de certaines fibres d'amiante était connue depuis les années 70 !) ? Combien de temps a-t-il fallu attendre pour réglementer l'exposition à l'amiante sur le lieu de travail ? Et pour décontaminer les lieux de travail incriminés ? Ne sommes-nous pas toujours occupés à gérer l'héritage du passé ?




Comment notre organisme réagit-il lorsqu'il est exposé à une pollution ? Absorption, distribution, élimination, biotransformation des toxiques.

Les effets sur la santé qui résultent d'une exposition à un agent externe varient selon : 

  • les produits, la dose et la durée d'exposition,
  • l'organe cible (ex.: le foie, site privilégié des biotransformations est sensible à l'action d'un très grand nombre de toxiques (molécules initiales, métabolites conjugués)),
  • les mécanismes d'action,
  • les facteurs liés à l'individu (sexe, âge, constitution, habitudes alimentaires, conditions de travail, autres facteurs environnementaux tels que expositions simultanées ou antérieures à d'autres agents,...).

Les facteurs, propres à chaque individu, peuvent modifier l'absorption, la distribution, l'excrétion, les transformations et le niveau de sensibilité de l'organe cible ! Une pathologie actuellement est encore très controversée, il s'agit du « multiple chemical sensitivity ». Les personnes atteintes de cette affection semblent réagir à des expositions beaucoup plus faibles que la majorité des patients.

Ces effets peuvent être localisés ou distribués au sein de l'organisme ; réversibles ou irréversibles ; immédiats/aigus ou retardés/chroniques (ce qui sera plus souvent le cas dans le cadre d'une exposition environnementale); morphologiques, fonctionnels (ex. : modification hépatique) ou biochimiques. Certaines exposition peuvent provoquer des réactions allergiques, développer une sensibilité, déclencher le processus de cancérogenèse, etc...


 

Comment analyser le risque lié à une exposition et mesurer l'impact de l'environnement sur la santé ?

Une première approche consiste à estimer la probabilité d'altération de la santé attribuable à un agent ou des agents environnementaux au travers de l'analyse, au niveau des personnes exposées, des métabolites dans le sang, des lipides (la graisse), de l'urine, de l'air expiré ou des cheveux. Certaines substances dont le taux d'élimination de l'organisme est très lent (dioxines, furannes, polychlorobyphénils (PCB), plomb, cadmium et certaines substances radioactives) peuvent fournir des informations sur l'exposition d'un passé lointain, étalé sur plusieurs années. Toutefois, la plupart de ces « biomarqueurs » sont des indicateurs d'une exposition récente.

Ce type d'approche présente dès lors certaines limites et incertitudes dans le cadre particulier de l'évaluation de l'impact de l'environnement sur la santé.

  • Le temps entre l'exposition et l'apparition des effets étant le plus souvent long et les marqueurs biologiques (biomarqueurs) en général plus adaptés à une exposition récente, il est très difficile d'établir une relation de cause à effet.
  • De plus, les interférences induites par d'autres expositions augmenteront la difficulté de trouver des indicateurs spécifiques, caractéristiques de l'exposition. Un employé exposé à des fibres d'amiante dans un bureau pourra chaque matin et soir être exposé aux polluants automobiles lors de ses déplacements. Et qu'en est-il si de surcroît s'il fume ? Tous ces agents d'exposition ont un impact certain sur les voies respiratoires de la personne. Comment pouvoir mettre en évidence le niveau de responsabilité de chaque agent ?
  • La relation entre l'exposition à un cocktail d'agents n'est pas non plus une relation simple . La toxicité d'une molécule peut être augmentée ou diminuée par l'exposition simultanée ou consécutive à une autre molécule. On dit qu'il peut y avoir :

•  synergies : les effets sont dus à l'action de plusieurs molécules qui, si prises isolément, n'auraient que peu d'action),

•  antagonismes (l'effet d'une molécule s'oppose à celle d'une autre),

•  cumuls (les effets d'une molécule accélèrent les effets d'une ou plusieurs autres molécules)

  • Les seuils d'exposition auxquels on peut voir apparaître des effets sur la santé sont souvent inférieurs aux seuils de référence utilisés en toxicologie industrielle , ce qui rend la détection au moment de l'analyse, tant environnementale que biologique (au niveau des biomarqueurs), d'autant plus difficile. A ces niveaux d'exposition, les méthodes d'analyses, les appareillages, sont souvent peu précis et les risques d'erreur d'autant plus grands. Une norme qui limite l'exposition d'un travailleur à une substance n'est souvent qu'un compromis probabiliste et ne certifie aucunement l'absence stricte d'effets sur le long terme. Il sera dès lors difficile d'établir une relation de cause à effet !
  • L'exposition environnementale ne s'adresse pas non plus exclusivement au profil du « travailleur sain ». La plupart des travailleurs de terrain sont soumis avant engagement (afin d'établir une valeur de référence et de pouvoir mettre en évidence toute évolution possible dans le cadre d'une exposition potentielle à un polluant) et régulièrement durant leur carrière de travail à un examen médical. A l'issue de cet examen, le travailleur sera considéré comme apte ou non à exercer son activité et éventuellement à être soumis à certains stress d'exposition sous certaines conditions. Ce sera le cas des techniciens qui travaillent dans les cabines de peintures, dans les nettoyages à sec, dans les garages ou ateliers de soudure, etc... Les expositions environnementales s'adressent à ces mêmes travailleurs mais également à toute une population plus large incluant les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées, etc... Ces personnes seront souvent plus sensibles à des agents d'exposition de faible concentration que les personnes répondant au profil du travail sain. De plus, l'exposition environnementale a lieu 24h sur 24h sans période de repos et de régénération de l'organisme.

 
Par Pierre BiotDernière modification 12/07/2018 17:05
Navigation
Se connecter


Mot de passe oublié ?
Nouvel utilisateur ?
 

Réalisé avec le CMS Plone, le système de gestion de contenu Open Source

Ce site respecte les normes suivantes :